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L’Apollon

Parnassius apollo


Photo Papillon Apollon (Parnassius apollo) L’Apollon (Parnassius apollo), appelé aussi "le grand Apollon", est un papillon diurne (rhopalocère) appartenant au sous ordre des macrolépidoptères, à la famille des papilionidés (Papilionidae), à la sous famille des Parnassiinae et au genre Parnassius.

Dans la sous famille des Parnassiinae, on retrouve notamment le faux apollon (Archon apollinus), le petit apollon nommé aussi "pheobus" (Parnassius phoebus) et le semi-apollon (Driopa mnemosyne).

L'apollon est une relique des temps glaciaires que l'on rencontre dans les montagnes d'Europe à des altitudes variant de 400 à 2500 mètres. L'Apollon a besoin d'hivers froids et d'étés ensoleillés, mais aussi de grands espaces ouverts, avec peu d'arbres mais où sont présentes les plantes nourricières de la chenille (orpins, joubarbes...).

En France on trouve l'Apollon dans les Pyrénées, les Alpes, le Jura et le Massif Central. Il est en régression presque partout (surtout en partie basse des massifs), et a disparu des Vosges du Forez, du mont Pilat, du Puy de Dôme, du massif de la Sainte-Baume et de nombreuses autres stations. Ces disparitions sont parfois très récentes. L'Apollon semble également avoir disparu de nombreux autres pays européens comme l'Allemagne, la Finlande, la Norvège, la Pologne, la Slovaquie, la Suède...

L'Apollon est protégé en France par arrêté du 22 juillet 1993. Il est considéré comme vulnérable. Il est donc interdit de détruire, d'enlever, de collectionner (morts ou vivants), de transporter, d'acheter et de vendre les œufs d'Apollon, les larves, les nymphes et les adultes.

Les causes principales de la régression de l'Apollon sont la fermeture des milieux ouverts par abandon par exemple des pratiques pastorales, et le réchauffement climatique qui contraint l'Apollon à vivre de plus en plus haut. Or dans certains massifs (Jura, Massif Central, pré-Alpes...), cette remontée se heurte à l'altitude modérée des massifs. Dans certaines stations des réintroductions on été tentées avec des réussites diverses.

Compte tenu de la dispersion des populations d'Apollon sur des massifs éloignés, des sous-espèces se sont développées. La bataille d'expert fait rage et chacun veut imposer ses sous espèces dont le nombre varie de 5 à 19. Un regroupement des sous espèces a été proposé en 2006 comprenant : P. apollo nivatus (Vosges et Jura), P. apollo geminus et P. Apollo provincialis (Alpes), P. apollo lioranus (Massif central), P. apollo pyrenaicus (Pyrénées).

L'Apollon est un papillon de grande taille dont l'envergure dépasse parfois les 8 cm. Les ailes blanc/crème possèdent plusieurs taches noires sur fond blanc. Les ailes antérieures sont bordées de gris et ont un aspect parcheminé translucide (absence d'écailles). Les ailes postérieures sont ornées de deux ocelles rouges de forme variable, bordées de noir, avec une tache blanche à l'intérieur. Le corps est velu et les antennes sont en "massue". Les deux sexes sont assez semblables, sauf que la femelle possède un abdomen plus trapu que celui du mâle, tirant sur le marron.

L'imago de l'Apollon apparaît vers mai/juin pour disparaître vers la fin août ou début septembre. Bien évidemment ces périodes varient en fonction des régions et de l’altitude. L'Apollon vole lorsque le temps est ensoleillé. Ce n'est pas un champion du vol : son vol est lent et lourd. On peut souvent observer l'Apollon en train de butiner les scabieuses, cirses, centaurées ou divers chardons.

Après fécondation le mâle sécrète un produit qui en durcissant obture les organes génitaux de la femelle empêchant ainsi une nouvelle fécondation par un mâle concurrent. Les œufs sont pondus sur la plante hôte (joubarbes, saxifrages, orpins...) ou du moins à proximité. Les chenilles hivernent à l’état juvénile dans l’œuf (diapause embryonnaire), protégées par une coquille relativement épaisse, pour éclore au printemps. Parfois certaines chenilles apparaissent en automne et hivernent à l'abri. La livrée de la chenille de l'Apollon est brun/noir foncé avec des taches orange, sur les côtés, parfois jaunes et leur taille atteint 5 centimètres. La chenille de l'Apollon possède derrière sa tête un organe érectile fourchu nommé "osmeterium". Lorsqu'elle est dérangée, elle érige cet osmeterium qui produit une substance odorante nauséabonde, décourageant ainsi son agresseur.

Vers mai/juin, les chenilles tissent un cocon à même le sol, sous des pierres ou légèrement enterré. La nymphose a une durée très variable (sans doute liée aux conditions climatiques). Sa durée peut aller de 10 jours à 3 ou 4 semaines. Les mâles naissent généralement avant les femelles.

Si vous voulez aller plus loin sur le sujet, je vous conseille cet
article sur le site de l'OPIE dont je me suis partiellement inspiré pour travailler ce texte.


Voir aussi : les chenilles | le paon du jour | le citron | le flambé | la chenille processionnaire du pin | la petite tortue | Cossus Gâte bois |



Kriss de Niort, le 21/06/2007 

 

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