Le citron (papillon)
(Gonepteryx rhamni)
Le papillon Citron (Gonepteryx rhamni) appartient à
l'embranchement des arthropodes, à la classe des insectes, à l'ordre des lépidoptères (c'est à dire des papillons), au sous-ordre des rhopalocères (c'est à dire des papillons diurnes),
à la famille des Pieridae (où l'on retrouve outre les piérides, le souci, le gazé, l'aurore…), à la sous famille des Coliadinae (Coliades) et au genre Gonepteryx.
Si vous voyez un papillon jaune citron dès les premiers beaux jours du printemps, voire parfois dès le mois de février, c'est probablement un Citron (Gonepteryx rhamni) et qui plus est un mâle
car la femelle est plus tardive. Si le Citron est si actif dès les plus beaux jours, c'est tout simplement qu'il hiberne à l'état d'imago (adulte). Le Citron n'est pas le seul papillon à hiberner
à l'état adulte, d'autres le font également comme la belle dame (qui hiberne dans le sud de l'Europe), le monarque (qui exécute une longue migration pour hiberner en Amérique du Sud), le paon du
jour, le Robert le diable, la petite tortue, le vulcain, et bien d'autres.
Ce qui caractérise l'hibernation du Citron (diapause) c'est que contrairement aux autres papillons, il ne migre pas pour hiberner et ne se cache pas dans un abri (anfractuosité des murs, troncs
d'arbres…) pour se protéger des rigueurs de l'hiver. Notre Citron hiberne soit près du sol parmi les feuilles mortes, ou un peu plus haut dans la végétation, le plus souvent dans le lierre. Pour
se protéger du froid, le Citron (mais ce n'est pas le seul animal à le faire) transforme une partie de ses réserves en une sorte "d'antigel" à base de glycérol. D'ailleurs cette faculté intéresse
les chercheurs qui étudient ce phénomène pour essayer d'en tirer des applications industrielles.
Le citron possède une envergure de 50 à 60 millimètres. Les ailes du mâle sont jaune citron (d'où le nom) tandis que celles de la femelle sont plus claires et tirent plutôt sur le blanc verdâtre
ce qui la fait ressembler quelque peu à une piéride. Chez les deux sexes on trouve une tache orangée au milieu de chaque aile. Pour le mâle comme pour la femelle le dessous des ailes est plus
clair. Le plus souvent le Citron se tient les ailes repliées. Le corps est noir et les antennes sont claviformes.
Le vol nuptial s'effectue au début du printemps et l'accouplement a lieu généralement au sol et peut durer plusieurs heures. La femelle pond des œufs isolés de préférence sur des rameaux de
nerprun purgatif (Rhamnus catharticus) ou sur la bourdaine (Rhamnus frangula ou Frangula alnus ) qui appartiennent tous deux à la famille des Rhamnacées dont on trouve la racine dans le nom latin
du Citron (Gonepteryx rhamni).
L'éclosion se produit une dizaine de jours après la ponte et le développement de la larve (chenille) nécessite environ 30 jours. La chenille est verte avec de petits points noirs et deux lignes
latérales un peu plus claires. Sa taille maximale est de 32 mm. La nymphose se produit au début de l'été sous forme d'une chrysalide ceinturée à une brindille de la plante nourricière. Deux
semaines plus tard environ, l'adulte parfait, imago, s'extirpe de la chrysalide.
On peut observer le Citron dans une grande partie de l'Europe jusqu'à environ 2000 mètres d'altitude. Ce papillon, relativement fréquent mais discret (compte tenu de sa couleur) fréquente les
forêts, les jardins, les buissons où il se nourrit de nectar. Au plus chaud de l'été le Citron réduit son activité et prend quelques semaines de repos (une sorte hibernation en plein été). Le
Citron recommencera à voler début septembre pour emmagasiner les forces nécessaires à sa survie hivernale. Il faut comprendre par là que seuls les papillons nés dans l'année passeront l'hiver,
par contre leurs parents décèderont. Et si vous avez bien compté ce papillon possède une durée de vie adulte supérieure à une année, ce qui est exceptionnel pour un papillon sous nos
contrées.
Dans le midi méditerranéen le citron vole en compagnie de son proche cousin, le Citron de Provence (Gonepteryx cleopatra). Le citron peut être confondu avec le Farineux (Gonepteryx
farinosa), mais qui est plus rare et qui de toutes façons ne vole pas en France, ou pour des yeux moins avertis avec le Souci (Colias crocea).
Attention ce papillon a tendance à se raréfier.
Voir aussi : le paon du jour | les chenilles
Kriss de Niort, le 09/04/2007




