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Les strigiformes regroupent toutes les espèces de rapaces nocturnes. Cela représente 131 espèces réparties en 2 familles :
Attention de ne pas les apparenter aux rapaces diurnes qui n’ont rien à voir avec eux !
La tête
Les strigiformes possèdent un tête large avec de grands yeux ronds, leur vision est binoculaire (c’est-à-dire qu’il y a formation simultanée sur la rétine des deux yeux de deux images d'un même objet, sous un angle différent, ce qui donne la perception du relief). Bref, ils voient avec deux yeux comme nous mais en plus, ils ont l’option "nocturne". Leur regard est fixe (d’où la nécessité de pouvoir tourner la tête comme ils le font : 14 vertèbres cervicales (soit le double des nôtres) pour une mobilité de 270° de rotation sur 180° d’inclinaison).
Une telle vision est possible grace :
Les grands disques autour des yeux qui leur sont si spécifiques ne sont pas pure décoration, ils servent à canaliser les sons : une sorte de parabole à ultrasons si vous préférez (chez nous, ce sont les pavillons des oreilles). La différence flagrante de morphologie c’est que les hiboux ont des plumes (les aigrettes) qui ornent leur tête (et qui n’interviennent pas dans l’ouïe) et pas les chouettes. Ces plumes servent de reconnaissance morphologique et de parure d’humeur (les aigrettes baissées veulent dire, par exemple, que l’oiseau n’est pas de bonne humeur). Les conduits auditifs ne sont pas symétriques comme chez nous, ce qui leur permet "d’orienter" leur écoute dans un champ bien plus large que le nôtre, additionné de leur parabole à sons et d’un mouvement de tête très souple cela leur donne une capacité de repérage fort efficace. Pour vous donner une idée, la chouette effraie possède une détection auditive si fine qu'elle peut détecter sa proie dans le noir complet avec une précision de 1 à 2 degrés ! Pas mal hein ?
Alimentation
Les strigiformes, aussi bien les petits que les grands, se nourrissent essentiellement des campagnols. Ils les attrapent vivants et les tuent d’un seul coup de bec : pas d’acharnement, c’est précis et efficace ! A défaut, d’autres petits animaux ou insectes font très bien l’affaire. Ils ne mangent pas n’importent quoi : il faut que l’énergie que la proie apporte soit au moins égale à l’énergie déployée pour l’attraper (C’est pour cela que le campagnol est une proie idéale car un peu pataud, vivant à découvert et pas encombrant, le reste est une question d’opportunité). Les années prospères en nourriture, les progénitures sont plus nombreuses et plus précoces, ce qui permet parfois de faire deux nichées, la mortalité des oisillons diminue et ils volent plus vite. (adaptation de l’offre et de la demande) !
La quantité ? Reprenons nos extrêmes : le Grand Duc a besoin de 300g par jour et la Chevêchette d’Europe 30g.Tout dépend de la race, évidemment. Des chiffres époustouflants pour une famille de Grand Duc : 300kg de nourriture par an ! Soit : 9900 campagnols, 600 corneilles noires et 430 hérissons.
Ils sont solitaires et chassent au crépuscule ou la nuit. Ils régurgitent les restes non digérés sous forme de pelote environ 6 à 12h après le repas. c’est comme cela qu’on peut étudier leur mode alimentaire, avec les restes de dents, d’os, de pelages... Parfois, une race attaque l’autre, mais ce n’est pas courant.
Mode de vie
Les strigiformes sont sédentaires. Au plus, ils s’éloignent de leur terre natale pour trouver plus de place ou plus de nourriture, à l’exception du petit Duc Scop qui est migrateur. Il quitte l’Europe pour la savane africaine vers août-septembre pour revenir en avril-mai après parfois 8000km de vol.
Croyance et symbolique
Vol silencieux, regard fixe et vie nocturne ont contribué à lui conférer une image particulière au fil des siècles. Magie noire, sagesse, mort... Craints et honorés, méprisés et admirés, tantôt pris pour des sages, tantôt pour des abrutis, ils sont souvent en étroite relation avec la vie, la mort, l’enfer et la magie.
La Grèce Antique a adulé la Chevêche d’Athéna, déesse de la sagesse et protectrice d’Athènes. Son vol au-dessus de l’armée présageait de la victoire de celle-ci. Elle est également sur les pièces de monnaie qu’on appelle à ce moment là "des chouettes". Si vous observez la pièce d’un Euro grec, la chouette est toujours présente. (Note de Kriss Nature : inspirée d’une ancienne pièce athénienne de 4 drachmes (Ve siècle avant J.-C.).
Les romains ne les apprécient guère. Symbole de la mort, leur cri présage du décès de quelqu’un : ce fut le cas de Jules César et d’Auguste. Ils disent également que les sorcières se transformaient en chouette pour aller vider les nouveau-nés de leur sang, explication de la mort subite je suppose.
L’Europe moyenâgeuse est assez en accord avec les Romains. Ces rapaces deviennent l’annonce des épidémies et des grandes souffrances. Leurs cris sont interprétés comme les plaintes des âmes tourmentées en enfer. C’est par ce lien étroit avec l’enfer que personne n’ose les tuer. Et c’est pour cette raison qu’ils clouent ces pauvres oiseaux vivants les ailes déployées sur les portes des granges pour protéger la ferme et le bétail de la foudre, des incendies, des épidémies ou encore de la grêle ! Cette croyance a disparu il y a peu de décennies, sachons-le !
Les Indiens d’Amérique du Nord les considèrent tout autrement. Ils accompagnent les âmes dans l’au-delà, c’était le lien entre le monde des vivants et le royaume des morts. Cependant, chez les Apaches, il reste synonyme d’une mort proche.
Présent dans l’art en général, le harfang de neiges est devenu le plus connu des rapaces nocturnes en étant le messager de Harry Potter plus connue sous le nom d’Edwige.
Aimable contribution de Papillonmosaique.
Voir aussi : le vautour fauve | la perruche souris | la huppe fasciée | le faisan de Colchide | la chouette effraie |
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