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Tétras cupidon (Tympanuchus cupido)


Photo (1) Tétras cupidon (Tympanuchus cupido) Le tétras cupidon (Tympanuchus cupido) est un oiseau appartenant à la sous classe des Carinatae, à l'infra classe des Neornithes, à l'ordre des Galliformes, à la famille des Phasianidés (Phasianidae) à la sous famille des Tetraoninae et au genre Tympanuchus. Auparavant le tétras cupidon appartenait à la famille des Tétraonidés (Tetraonidae).

Il existe 3 sous espèces de tétras cupidon, à savoir :
• Tympanuchus cupido attwateri,
• Tympanuchus cupido cupido (éteint),
• Tympanuchus cupido pinnatus.

En français le tétras cupidon s'appelle : cupidon des prairies, (grande) poule des prairies, tétras huppe-col, coq des bois d'Amérique, coq de bruyère à ailerons, ou tétras des prairies.

En allemand le tétras cupidon s'appelle : präriehuhn, en anglais : grout, pinnated grouse, prairie hen ou greater prairie chicken, en danois : præriehøne, en espagnol : gallo de las praderas grande, en finlandais : preeriakana, en italien : tetraone maggiore delle praterie, en néerlandais : prairiehoen, en polonais : preriokur dwuczuby, en suédois : större präriehöna et en tchèque : tetřívek prériový.

Le tétras cupidon est originaire d'Amérique du nord. Autrefois abondant, du sud du Canada jusqu'au nord du Mexique, il a disparu d'une grande partie de son aire de répartition, notamment à cause de la chasse et de la perte d'habitat (urbanisation, mise en culture, surpâturage...). D'après les écrits du 17ème et 18ème siècle ces oiseaux "pullulaient" littéralement. La sous espèce T. cupido cupido (considérée par certains comme une espèce à part entière) est maintenant éteinte. Les autres sous espèces sont considérées comme vulnérables par l'UICN.

Le tétras cupidon mesure de 42 à 48 centimètres de long pour une envergure d'environ 70 centimètres. Son poids est compris entre 0,7 et 1,1 kilogramme. Le mâle et la femelle sont très dissemblables.

Le plumage du mâle est panaché de gris brun et de blanc. Les yeux sont surmontés par une caroncule jaunâtre. Le tétras cupidon mâle possède de chaque côté de son cou une zone de peau nue de la même couleur que les caroncules qu'il peut gonfler et dégonfler à volonté, notamment en période de nidification pour séduire une poule ou lorsque il a peur. Autre atout de séduction, le mâle possède à l'arrière de la tête de longues et étroites plumes noires érectiles, nommées "ailerons" par certains auteurs, qu'il peut redresser pour séduire une partenaire. Ses pattes sont emplumées jusqu'aux orteils.

La femelle plus petite que le mâle présente un plumage plus clair. Ses caroncules sont plus petites et les longues plumes de son cou, plus courtes que celles du mâle, ne sont pas érectiles comme chez le mâle.

Le tétras cupidon est omnivore et son alimentation s'adapte aux disponibilités qu'offrent les saisons. Il se nourrit donc dans les prairies, dans les champs cultivés, dans les broussailles, dans les sous bois, voire dans les arbres. Son menu est composé de graines, notamment de céréales, de baies, d'herbe, de bourgeons mais également de vers de terre, de limaces et d'insectes.

Photo (2) Tétras cupidon (Tympanuchus cupido) Le tétras cupidon est un oiseau territorial. Le mâle surveille et occupe son territoire tout au long de l'année, y compris en hiver, alors que nombre de femelles migrent vers le sud, notamment à l'occasion d'hivers très rigoureux. Le mâle a-t-il peur qu'un intrus lui vole son territoire ?

La période de nidification du tétras cupidon se situe à la fin de l'hiver ou au début du printemps suivant la latitude. A cette occasion les mâles de la région se réunissent dans une aire de parade nommée "lek" (comme le tétras lyre ou le grand tétras). Les mâles mettent en avant leurs atouts de séduction : gonflement des sacs à air, émission de sons grâce à ces sacs, érection des "ailerons", déploiement en éventail de leur queue. Il peut s'ensuivre quelques combats entre mâles. Ce sont les femelles qui choisissent leur mâle, mais c'est finalement le (ou les) mâle dominant (mâle alpha) qui effectue la majorité des accouplements.

La femelle pond un douzaine d'œufs, parfois jusqu'à 16, à même le sol, dans une petite dépression qu'elle a creusée dans les hautes herbes. La ponte est très longue, la femelle ne pondant qu'un seul œuf par jour. L'incubation, assurée par la femelle seule, commence après la ponte du dernier œuf et dure de 22 à 25 jours. Malgré le nombre élevé d'œufs il n'y a en général qu'une dizaine de poussins. C'est la mère seule qui élève la couvée. Les jeunes deviennent indépendants au bout de 60 à 70 jours. Ils atteignent leur maturité sexuelle au bout d'un an. Leur espérance de vie dans la nature est de 2 à 3 ans.

Le tétras cupidon possède de nombreux prédateurs comme les hiboux, le coyote (Canis latrans), la buse à queue rousse (Buteo jamaicensis), le raton laveur commun (Procyon lotor), l'opossum, la moufette, divers serpents, le renard roux (vulpes vulpes), le chat domestique (Felis silvestris catus) et bien d'autres. Les poussins peuvent être victimes des inondations (ils ne peuvent pas voler pour aller se percher) et de la sècheresse qui détruit leur nourriture.

Aujourd'hui le tétras cupidon a complètement disparu du Canada (Alberta, Saskatchewan, Manitoba, Ontario), du nord du Mexique et de la majeure partie des Etats Unis. La perte d'habitat, sa fragmentation et la chasse ont eu raison de millions de représentants de cette espèce. De plus le tétras cupidon est maintenant en concurrence avec le faisan de Colchide (Phasianius colchicus), une espèce introduite.

Des mesures ont été mises en place pour essayer de sauvegarder cette espèce. Les paysans qui possèdent des tétras cupidon sur leurs exploitations sont encouragés (financièrement) à transformer leurs terres en prairies. Par ailleurs des réserves ont été créées.

Voilà un exemple qui devrait nous faire réfléchir. Il a 200 ou 300 ans ces oiseaux se comptaient par millions et ils vont peut-être disparaître dans les prochaines décennies tout comme a déjà disparue une de ses sous espèces. A méditer…


Kriss de Niort

Crédit photo
Photo (1) : Copyright : South Dakota Department of Tourism.
Photo (2) : Auteur : Gary Halvorsen - U.S. Fish and Wildlife Service - Domaine Public.



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