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Le jonc fleuri (Butomus umbellatus), appelé également butome en ombelle, est une plante angiosperme monocotylédone appartenant à la sous classe des Alismatidae, à
l'ordre des Alismatales, à la famille des Butomacées (Butomaceae) et au genre Butomus.
Plusieurs noms latins ont été utilisés pour désigner le jonc fleuri, et notamment :
• Butomus caesalpini,
• Butomus floridus,
• Butomus junceus,
• Butomus scutariensis,
• Butomus vulgaris.
Plusieurs variétés, formes ou sous espèces de jonc fleuri, plus ou moins reconnues, ont été décrites. En voici une liste non exhaustive :
• Butomus umbellatus fo. albiflorus,
• Butomus umbellatus fo. natans,
• Butomus umbellatus fo. umbellatus,
• Butomus umbellatus fo. vallisneriifolius,
• Butomus umbellatus var. minor,
• Butomus umbellatus var. parviflorus,
• Butomus umbellatus var. scutariensis,
• Butomus umbellatus var. vallisneriifolia,
• Butomus umbellatus var. vallisneriifolius.
Le jonc fleuri est également appelé : flûteau, butome à ombelle, butome en ombelle, carélé ou jonc de rivière.
Le jonc fleuri est une plante originaire d'Europe du sud, d'Asie tempérée à subtropicale (y compris le Moyen Orient) et d'Afrique du nord (Algérie, Maroc). C'est une plante pionnière des
roselières médio-européennes que l'on rencontre du niveau de la mer jusqu'à 1000 mètres d'altitude. Le jonc fleuri croît le plus souvent dans des eaux peu profondes (généralement moins d'un
mètre), et leurs berges, sur fonds vaseux, dans les marais, les marécages, les étangs, les fossés, les canaux, les lacs et les cours d'eau à faible débit.
Le jonc fleuri a été introduit en Amérique du nord (Canada, USA) au début du XXème siècle, au départ pour fleurir des bassins, mais le jonc fleuri s'est rapidement naturalisé et est maintenant
devenu une plante envahissante. Les photos qui ornent cet article ont été prises au Québec, dans une région où les températures hivernales atteignent facilement -35°C.
Paradoxe pour une espèce envahissante, en France le jonc fleuri fait l'objet de protection dans au moins quatre régions : Alsace, Bourgogne, Franche-Comté, Rhône-Alpes.
Le jonc fleuri est une plante herbacée, vivace, hémicryptophyte, glabre, à rhizome horizontal, charnu, muni de racines fibreuses.
Les feuilles du jonc fleuri, linéaires, ensiformes, à section triangulaire à leur base, toutes radicales, disposées en rosette, peuvent atteindre un mètre de long pour 6 à 9 mm de large. Ces
feuilles, sessiles, engainantes, simples, entières, présentent une marge coupante. Les feuilles, junciformes (qui ont l'aspect du jonc), sont à l'origine du nom vernaculaire : jonc fleuri.
La tige du jonc fleuri, dressée, glabre, raide, cylindrique, non ramifiée, peut atteindre 1,5 mètre de hauteur.
La floraison du jonc fleuri intervient du mois de juin jusqu'au mois de septembre (à moduler en fonction de la latitude et du climat). Les fleurs,
hermaphrodites, protandres (les organes mâles arrivent à maturité avant les organes femelles), autostériles, sont organisées en fausse ombelle terminale, simple, longuement pédonculée, comprenant
de 20 à 25 (parfois jusqu'à 50) fleurs ainsi que des bractées et bractéoles. Les fleurs, pédicellées, présentent un périanthe mesurent de 18 à 26 millimètre, composé de 6 tépales roses, veinés de
violacé. Les trois tépales extérieurs (sépales pétaloïdes), elliptiques, avec un apex aigu, mesurent de 6 à 7 mm de long sur 2 à 2,5 mm de large. Les 3 tépales intérieurs présentent un sommet
obtus et mesurent de 9 à 11 mm de long pour 4,5 à 6 mm de large.
Le plus souvent le jonc fleuri comporte 9 étamines avec une anthère rouge. L'ovaire, comportant généralement 9 carpelles légèrement connés à leur base, est supère. Les styles, arqués, sont
persistants. La pollinisation est entomogame. Les fruits sont des follicules pourpre rougeâtre également connées à leur base, mesurant de 7 à 9 mm de long sur 2,5 à 3,5 mm de large, et renfermant
de nombreuses graines (polysperme). La dissémination des graines est hydrochore (dispersées par l’eau) ou plus exactement nautochore (dispersion par les courants). Malgré cette stratégie de
reproduction la reproduction végétative (morceaux de rhizomes qui se détachent) semble bien plus importante que la reproduction par graines.
D'ailleurs cette reproduction végétative est souvent "assistée" par des éléments extérieurs. C'est le cas notamment du rat musqué
(Ondatra zibethicus) qui utilise des parties de la plante pour tapisser son terrier. C'est le cas aussi des bateaux qui peuvent involontairement transporter plus loin des débris de
rhizomes qui constitueront de nouvelles colonies. L'embâcle et la débâcle peuvent contribuer également à la dispersion de fragments de rhizomes.
Le jonc d'eau est une plante aux multiples usages, même si beaucoup sont tombés en désuétude (usage surtout par temps de crise). Le rhizome peut être consommé bouilli ou cuit sous la braise.
Séché, il peut être réduit en farine pour la réalisation de pains ou de pâtisseries (souvent rajouté à des farines de céréales). Cette farine qui contient une forte proportion d'amidon peut
servir à épaissir les sauces ou les soupes.
Les grandes feuilles du jonc fleuri étaient naguère utilisées pour réaliser des nattes et divers éléments de vannerie. Certaines parties de la plante auraient également des vertus
thérapeutiques.
En allemand le jonc fleuri s'appelle schwanenblume, wasserliesch, blumenbinse ou doldige wasserviole, en anglais : flowering-rush, grassy rush ou water gladiolus, en danois : brudelys, en
espagnol : junco florido, en italien : giunco fiorito, en néerlandais : zwanebloem ou zwanenbloem et en suédois : blomvass.
Kriss de Niort
Crédit photo :
Les photos (1) et (2) proviennent de ma propre photothèque. Vous pouvez les utiliser, mais rajoutant un lien vers mon site. Le hot linking étant interdit vous devez héberger les photos.
L'illustration (3) est dans le domaine public car son copyright a expiré (auteur Otto Wilhelm Thomé).
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