Articles les plus lus
L'ibis sacré
(Threskiornis aethiopicus syn. Tantalus aethiopicus, Ibis aethiopicus) est un oiseau appartenantà la sous classe des Carinatae, à l'infra classe des Neornithes, à
l'ordre des Ciconiiformes, à la famille des Threskiornithidae, à la sous famille Threskiornithinae, et au genre Threskiornis.
On distingue généralement les sous espèces suivantes, bien que les taxonomistes ne soient pas tous d'accord :
• Threskiornis aethiopicus abbotti : l’ibis d’Aldabra, à œil bleu,
• Threskiornis aethiopicus aethiopicus : Afrique continentale et en Irak,
• Threskiornis aethiopicus bernieri : l’ibis de Madagascar.
Certains auteurs considèrent que la sous espèce "bernieri" est une espèce à part entière (Threskiornis bernieri) et que la sous espèce " abbotti" est une sous espèce de Threskiornis
bernieri. Dans ce cas on a :
• Threskiornis bernieri bernieri,
• Threskiornis bernieri abbotti.
Par contre l'ibis à tête noire (Threskiornis melanocephalus) et l'ibis à cou noir (Threskiornis molucca) sont considérés maintenant comme des espèces à part entière et non plus
comme des sous espèces de Threskiornis aethiopicus.
L'ibis sacré est originaire d'Afrique tropicale et d'Afrique australe. On le trouve également en Irak. L'ibis sacré était autrefois présent en Egypte où il était vénéré (d'où le nom de "sacré").
Dans divers endroits du monde des populations d'ibis sacrés se sont échappées de volières ou de réserves et sont redevenues sauvages (on parle de populations férales). C'est le cas en France où
des populations se sont installées sur la côte atlantique à partir de spécimens échappés du parc animalier et botanique de Branféré (Le Guerno - Morbihan) et sur la côte méditerranéenne à partir
de spécimens échappés du parc zoologique de la "Réserve africaine" de Sigean (Aude). Les photos qui illustrent cet article ont été prises en Camargue.
L'ibis sacré fréquente les milieux ouverts, notamment les zones humides (marais, estuaires, rivages lacustres, lagunes côtières…), mais également les prairies, les zones agricoles et les
décharges d'ordure ménagères. Dans les prairies on trouve parfois l'ibis sacré en présence d'animaux en pâture. L'ibis sacré fréquente de façon semble-t-il moins régulière les prés salés et les
laisses de mer.
L'ibis sacré est un oiseau grégaire qu'on trouve souvent en grands groupes mono-spécifiques d'une centaine d'individus, voire plus en fonction de l'importance du peuplement. L'ibis sacré est
également trouvé en compagnie d'autres espèces comme le courlis cendré (Numenius arquata), l'aigrette garzette (Egretta garzetta), le héron garde-bœufs (Bubulcus ibis),
mais aussi divers laridés (goélands et mouettes) et anatidés (oies et canards). Il est bien évident que les espèces fréquentées peuvent êtres différentes d'un endroit à l'autre et varier en
fonction des saisons.
Pour passer la nuit les ibis sacrés se regroupent en dortoirs dans les arbres, souvent avec d'autres espèces. Ces dortoirs, situés non loin des lieux de nourrissage, peuvent regrouper plusieurs
centaines d'individus.
L'ibis sacré
n'est pas spécifiquement un oiseau migrateur bien que certaines populations d'Afrique effectuent des migrations de 1000 kilomètres. Une bonne partie des ibis sacrés est sédentaire, notamment
lorsque la nourriture est abondante. Sinon, le reste de la population se comporte en nomade, errant de ci, de là.
L'ibis sacré mesure de 65 à 75 centimètres pour une envergure moyenne 118 centimètres et un poids compris entre 1,25 et 1,5 kilogramme. Le plumage de l'ibis sacré est blanc pour l'essentiel. La
tête et le cou, dénudé, sont noirs. Le bec est long et recourbé. Les plumes de la queue sont noires. Le bout des plumes des ailes (rémiges) est noir (voir photo). Il n'y a pas de dimorphisme
sexuel marqué.
Les ibis sacrés immatures possèdent des plumes sur la tête et le cou. Ces plumes disparaîtront entre deux et 3 ans, à l'approche de la maturité sexuelle.
L'ibis sacré est un oiseau omnivore. Dans les champs et les prairies il pique le sol à la recherche de proies, notamment des vers de terre. Dans les vasières, les laisses de mers et les décharges
publiques, il fouille avec son bec. Parmi les proies de l'ibis sacré on retrouve divers insectes (coléoptères, orthoptères…), des petits poissons, des mollusques, des batraciens, des crustacés…
L'ibis sacré consomme également des œufs d'oiseaux et des oisillons. La recherche de nourriture est effectuée en groupes mono-spécifiques, ou en compagnie d'autres espèces d'oiseaux. L'ibis sacré
s'attaque également aux charognes et aux déchets ménagers. L'ibis sacré consomme également divers graines, notamment des graminées.
La saison de reproduction de l'ibis sacré, du moins dans son aire naturelle de répartition, correspond avec la saison des pluies, annonciatrices d'abondance de nourriture. La reproduction
s'effectue généralement en colonies, en compagnie d'autres oiseaux, mais les nids d'ibis, souvent réutilisées plusieurs années de suite, sont construits à l'écart de ceux des autres espèces.
L'ibis sacré
ne forme pas de couples fidèles et les oiseaux ne s'apparient que pour une saison. Les nids, construits les uns à côté des autres, sont réalisés à partit de branchages divers. La femelle y pond
en moyenne 3 œufs qui sont couvés pendant 4 semaines. En cas d'échec de la ponte, une seconde ponte peut avoir lieu. A sa naissance le poussin pèse environ 50 grammes. Les jeunes quittent le nid
au bout de 2 à 3 semaines et la colonie au bout de 6 semaines. L'âge de la maturité sexuelle de l'ibis sacré est estimé à 4 à 5 ans. Sa longévité est d'une vingtaine d'années, avec des spécimens
pouvant atteindre 30 ans.
En allemand l'ibis sacré s'appelle heiliger ibis, en anglais : sacred ibis, en danois : hellig ibis, en espagnol : ibis sagrado, en italien : ibis sacro, en néerlandais : heilige ibisn en
polonais : ibis czczony, en portugais : Íbis-sagrada et en suédois : helig ibis.
Situation de l'Ibis sacré en France :
On estime la population des ibis en France à plus de 3000 individus représentant plus de 1000 oiseaux nicheurs. L'ibis sacré est un prédateur (œufs et poussins) de plusieurs espèces d'oiseaux
dont certaines sont protégés (sternes de Douglas, guifettes…). Certains naturalistes ont donc demandé, et obtenu, l'éradication de l'Ibis par l'Office National de la Chasse. Environ 1500
individus ont été éradiqués. Cependant tous les naturalistes ne sont pas d'accord avec cette pratique. Une autre solution à l'étude consisterait à capturer les individus pour les réimplanter en
Egypte… Affaire à suivre…
Kriss de Niort
Voir aussi :
La céréopse
cendrée | Le vautour de l'Himalaya
| Le condor des Andes | Urubu à tête rouge |
Vautour africain | Vautour de Rueppell | Cygne à cou noir | Tyran quiquivi | Vautour urubu | Vautour moine | Bec en sabot| Vautour charognard | Ani à bec lisse | Grue couronnée noire | Oie à tête barrée | Oriole à gros bec | Barge rousse | Bernache du Canada | Merlebleu azuré | Bernache cravant | Dodo | Solitaire de Rodrigues | Nicobar à camail | Guillemot de Troïl | Faucon bérigora | Faisan doré | Cygne noir | Bucorve du sud | Bécasseau sanderling | Paradisier huppé | Buse variable | Manchot de Humboldt | Chouette à lunettes | Pintade commune | Ibis rouge | Kamichi à collier | Ouette de Magellan | Eider à lunettes | Canard à collier noir | Canard Pilet |
Tourterelle triste | Quiscale bronzé | Autour des palombes | Pic mineur | Crècerelle d'Amérique | Epervier de Cooper | Merle d'Amérique | Epervier brun | Carouge à épaulettes | Plongeon huard | Pingouin torda | Paon bleu | Pluvier kildir | Colobri à gorge rubis | Fou de Bassan |
Junco Ardoisé | Gros bec errant |
Vous avez dit...