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Le pluvier kildir
(Charadrius vociferus) est un oiseau appartenant à la sous classe des Passerae, au super ordre des Ciconiimorphae, à l'ordre des Charadriiformes, au sous ordre des Charadrii, à la super famille
des Charadrioidea, à la famille des Charadriidae, à la sous famille des Charadriinae et au genre Charadrius.
On distingue communément trois sous espèces, en se basant essentiellement sur des différences de coloration du plumage :
• Charadrius vociferus peruvianus,
• Charadrius vociferus ternominatus,
• Charadrius vociferus vociferus.
L'aire de répartition du pluvier kildir s'étend sur une bonne partie du continent américain. On le retrouve du Canada au nord, jusqu'au Chili au sud. Curieusement il semble absent d'Argentine.
Cet oiseau est également présent aux Caraïbes. Il est rare (accidentel) sur les côtes européennes.
Le pluvier kildir, bien qu'il soit considéré comme un oiseau de rivage, fréquente des milieux variés, généralement ouverts, comme les prairies, les champs cultivés ou les labours. En milieu
périurbain on peut le retrouver sur les pelouses. Il fréquente peu ou pas les régions boisées. Bien évidemment on le retrouve également sur les vasières, les bancs de sable, les estuaires…
Le pluvier kildir adulte mesure de 22 à 27 centimètres de long pour un poids moyen de 90 grammes. Son envergure est de 45 à 50 centimètres. C'est un oiseau élégant, caractérisé par un double
collier de plumes noires (sauf les juvéniles qui n'en possèdent qu'un) contrastant avec la blancheur du cou et de la poitrine. Le front est blanc, surmonté d'une ligne noire reliant les deux
yeux. Il possède de longues pattes rosâtres. Les parties supérieures sont brunâtres tandis que la queue et le croupion laissent apercevoir en vol des plumes orangées. Toujours en vol on peut
apercevoir une marque alaire blanche contrastant avec les plumes noires des ailes. Contrairement au pluvier semi palmé qui perd ses plumes noires en hiver, le plumage d'hiver du pluvier kildir
est quasi identique à celui d'été. Le mâle et la femelle sont semblables.
Le régime alimentaire du pluvier kildir pourrait être résumé à "tout ce qui est petit et qui bouge". En effet, il consomme aussi ben des larves d'insectes ou autre, des insectes adultes
(diptères, coléoptères, odonates, hémiptères, hyménoptères…), des vers, des arachnides, des myriapodes, mais également divers crustacés, des limaces, des escargots, de jeunes grenouilles, de
petits vertébrés… Dans les cultures il remplace efficacement les insecticides car il s'attaque souvent à des espèces nuisibles.
Les populations nordiques migrent vers le sud des Etats Unis et le Mexique lorsque la température devient inférieure à 10°C. C'est une migration très progressive, qui s'effectue individuellement
ou en petits groupes, de jour comme de nuit. Le retour de migration s'effectue dans les mêmes conditions. Les couples s'apparient au printemps, soit sur leur lieu de nidification pour les
populations les plus méridionales, soit au cours de leur remontée vers le nord pour les populations les plus septentrionales qui arrivent donc déjà en couples sur leurs lieux de nidification.
Le pluvier kildir est monogame. Chez les populations les plus septentrionales il n'y a qu'une couvée par an tandis que chez les populations les plus méridionales il y a souvent 2 couvées voire
parfois trois. En fonction du lieu de nidification, la première couvée a lieu de mars à juin.
Le nid est construit par le couple, généralement à même le sol, dans un endroit bien dégagé permettant de surveiller les environs. Il s'agit souvent d'une simple dépression creusée par le mâle et
aménagée sommairement par la femelle. La femelle y pond 4 œufs pyriformes qui sont incubés par le couple pendant environ 27 jours. L'œuf, de couleur ocre jaune, est maculé des taches foncées, de
formes variables, constituant un bon camouflage.
Les jeunes pluviers kildir sont nidifuges. Quelques heures après l'éclosion ils peuvent suivre leurs parents sur les lieux de nourrissage, et rechercher eux même leur nourriture sous la
surveillance des parents. En cas de danger imminent les adultes émettent un signal et les petits se blottissent (ou s'égaillent) jusqu'à la fin de l'alerte. Si le danger est plus pressant les
adultes utilisent deux tactiques différentes. La première est l'avertissement "attention, n'avance plus y'a mes petits par ici", ce qui se traduit sur le terrain par une course, toutes ailes
dehors, ou des vols en direction de l'intrus, le tout accompagné de vociférations. Si c'est sans effet, la seconde tactique est appliquée. Cette seconde tactique consiste à berner le prédateur
potentiel en l'attirant loin des petits ou des œufs en jouant à l'oiseau blessé puis en s'envolant, ce qui est assez classique, mais qui fonctionne bien…
Dans les premiers jours les parents invitent leurs petits à venir se blottir contre eux afin de les protéger des éléments (froid, chaud, pluie…). Les jeunes sont capables de voler 3 à 5 semaines
après l'éclosion. La maturité sexuelle est atteinte vers l'âge de 1 an. Leur durée de vie est de 8 à 10 ans.
La prédation concerne plus principalement les œufs et les juvéniles. Parmi les principaux prédateurs on trouve le renard roux (Vulpes vulpes), le coyote (Canis latrans), le raton laveur (Procyon lotor), l'opossum de Virginie (Didelphis virginiana), la moufette rayée (Mephitis
Mephitis), la corneille d'Amérique (Corvus brachyrhynchos), ainsi que de nombreux oiseaux comme les goélands, les rapaces ou les corbeaux, et même par endroit les serpents. A tout
ce beau monde, il faut rajouter les chiens errants (Canis lupus familiaris) ainsi que les chats (Felis silvestris).
En allemand le pluvier kildir s'appelle : keilschwanz-regenpfeifer, en anglais : killdeer ou killdeer plover, en danois : kildire, en espagnol : chorlitejo culirrojo ou chorlo tildío, en italien
: corriere vocifero ou corriere americano, en néerlandais : killdeerplevier et en portugais : borrelho-de-dupla-coleira.
Pour information la photo qui illustre l'article a été prise au barachois de Carleton sur mer (Gaspésie - Québec - Canada).
Kriss de Niort, le 20/09/2008
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