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L'aralie chassepareille (Aralia nudicaulis) est une plante angiosperme dicotylédone appartenant à la sous classe des Rosidae, à l'ordre des Apiales, à la famille des
araliacées (Araliaceae), à la sous famille des Aralioideae et au genre Aralia.
On distingue généralement plusieurs variétés ou formes d'aralie chassepareille, et notamment :
• Aralia nudicaulis forma abortiva,
• Aralia nudicaulis forma depauperata,
• Aralia nudicaulis forma nudicaulis,
• Aralia nudicaulis forma virescens,
• Aralia nudicaulis var. elongata,
• Aralia nudicaulis var. prolifera.
En français l'aralie chassepareille est également appelée aralie à tige nue, angélique à tige nue, chassepareille, sassepareille, fausse salsepareille, salsepareille du Canada, salsepareille
d’Amérique, salsepareille sauvage ou tout simplement salsepareille.
En anglais l'aralie chassepareille possède de nombreux noms vernaculaires comme : false sarsaparilla, small spikenard, wild sarsaparilla, wild sarsaparilla, wild liquorice, shot bush,
rabbit-root, sasafril, sasafafarilla...
L'aralie chassepareille est une plante herbacée vivace, à port dressé, à souche ligneuse, qui atteint 30 à 50 centimètres de hauteur, qualifiée parfois de "sous arbrisseau", à rhizome traçant,
originaire de la partie orientale de l'Amérique du Nord (Canada et USA), mais absente du sud des USA.
L'aralie chassepareille croît dans des milieux divers comme les forêts boréales, les forêts de conifères et les forêts mixtes, fraiches et humides, en plaine ou en montagne (jusqu'à 1500 mètres
d'altitude environ). On la trouve également au bord des rivières, dans les tourbières, les crêtes rocheuses ou les canyons. Elle apprécie les régions à hivers longs et froids et aux étés courts
et chauds.
On trouve l'aralie chassepareille en compagnie de nombreuses espèces végétales comme : la linnée boréale (Linnaea borealis), la clintonie boréale (Clintonia borealis), la
clintonie à une fleur (Clintonia uniflora), l'aster à grandes feuilles (Eurybia macrophylla), le cornouiller du Canada ou cornouiller quatre temps (Cornus canadensis), la trientale boréale (Trientalis
borealis), le maïanthème du Canada. (Maianthemum canadense), le maïanthème à
grappes (Maianthemum racemosum), la coptide trifoliolée (Coptis trifolia), le polypode dryoptère (Gymnocarpium dryopteris), la
pyrole à une fleur (Moneses uniflora), la mitrelle nue (Mitella nuda), la fougère aigle (Pteridium aquilinum), la pyrole unilatérale (Pyrola secunda), le bois
piquant (Oplopanax horridus) et bien d'autres.
L'aralie chassepareille est également associée aux arbres suivants : le pin gris (Pinus banksiana), le pin rouge (Pinus resinosa), le pin blanc d'Amérique (Pinus strobus), l'épinette noire
(Picea mariana), l'hemlock de l'ouest (Tsuga heterophylla), le sapin des rocheuses (Abies lasiocarpa), le sapin baumier (Abies balsamea), l'épicéa rouge
(Picea rubens), le thuya géant de Californie ou thuya géant (Thuja plicata), l'érable à sucre (Acer saccharum), le hêtre américain (Fagus grandiflora), le chêne châtaignier (Quercus montana), le
bouleau à papier (Betula papyrifera), l'érable de Virginie (Acer rubrum), bouleau jaune (Betula alleghaniensis), l'épicéa rouge (Picea rubens), l'orme américain (Ulmus americana) et
encore d'autres.
L'aralie chassepareille peut former de vastes colonies issues de son rhizome ligneux, traçant. Le rhizome produit de petites tiges, ligneuses, parfois difficile à observer chez les sujets jeunes.
Au printemps la tige émet une feuille verte, solitaire, tripartite, lisse, glabre, pétiolée, pouvant atteindre 50 centimètres de hauteur. Chaque partie est composée de 3 à 5 folioles pédicellées,
caduques, elliptiques, à marge finement serrulées. Les feuilles tombent vers la mi-septembre, laissant une cicatrice sur la tige (ou ramet).
La floraison intervient de mai à juillet. La tige florale est également émise par le ramet et est totalement indépendantes de la feuille. Les ramets sont dioïques. Chaque tige florale, plus
courte que les feuilles, porte en général 3 (2 à 7) ombelles globuleuses, non involucrées, pédonculées, regroupant de nombreuses fleurs soit mâles, soit femelles, blanches à verdâtres, à 5
pétales. Généralement les ramets mâles sont plus nombreux que les ramets femelles et les inflorescences mâles contiennent plus de fleurs que les inflorescences femelles. La pollinisation est
entomogame (syrphes, abeilles, bourdons...). Aucun ouvrage ne mentionne la pollinisation par les papillons alors que j'en ai vu butiner les fleurs.
Il est à noter qu'un ramet ne produit pas nécessairement une feuille tous les ans. De la même façon le ramet ne produit pas nécessairement de fleurs tous les ans. Pire que ça, les ramets
femelles, sans doute épuisés par la fructification, fleurissent moins souvent que les ramets mâles.
Le fruit est une baie, comestible, noir violacée, de 6 à 8 millimètres de large et qui renferme généralement 5 graines. La dissémination des graines est généralement endozoochore.
De nombreux animaux se nourrissent des feuilles et/ou des fruits de l'aralie chassepareille. C'est le cas par exemple de : la gélinotte huppée (Bonasa umbellus), la grive des bois
(Hylocichla mustelina), la grive à dos olive (Catharus ustulatus), le bruant à gorge blanche (Zonotrichia albicollis), le renard roux (Vulpes vulpes), le loup (Canis lupus),
le lièvre d’Amérique (Lepus americanus), le grizzli ou grizzly (Ursus arctos horribilis), l'ours noir (Ursus americanus), le
cerf de Virginie (Odocoileus virginianus), l'orignal ou élan (Alces alces), le tamia rayé (Tamias striatus) et certainement d'autres animaux. A ceux-là il faut également rajouter quelques insectes comme la chenille de Papaipema araliae ou le méloé
cendré (Epicauta murina).
A travers les époques l'aralie chassepareille a connu bien des cas d'utilisation. On peut citer pêle mêle, les boissons comme le root beer (une sorte de soda, à base de rhizomes), du vin à base
de fruits, et un thé à base de rhizomes, la gelée de fruits... Les jeunes pousses étaient consommées comme légume-feuille.
Kriss de Niort, le 18/09/2008
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