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Le grand rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum), appelé également "rhinolophe fer à cheval" (traduction de son nom scientifique) est un mammifère appartenant
à la sous classe des Placentalia, à l'ordre des chiroptères (Chiroptera), à la famille des Rhinolophidae, à la sous famille des Rhinolophinae et au genre Rhinolophus dont il est le plus grand
représentant en Europe.
Le grand rhinolophe est une chauvesouris dont l'aire de répartition s'étend du nord de l'Angleterre (sud) jusqu'à la Pologne, la limite sud étant constituée des pays méditerranéens, jusqu'au
Maghreb. C'est une espèce sédentaire dont les gîtes d'hivernage et d'été sont séparés généralement de moins de 30 kilomètres.
Le museau du grand rhinolophe est caractérisé par une feuille nasale en forme de fer à cheval, d'où le nom scientifique de "Rhinolophus ferrum equinum". Autre caractéristique, le grand rhinolophe
s'enveloppe dans ses ailes pour dormir.
Le grand rhinolophe pèse de 17 à 35 grammes à l'âge adulte. Les oreilles, sans tragus, mesurent de 2 à 2,5 centimètres. La longueur totale du corps, tête comprise est d'environ 6 à 7 centimètres.
L'avant bras mesure de 5,5 à 6 centimètres. Son envergure est d'environ 34 à 40 centimètres. Sa queue mesure de 3,5 à 6,5 centimètres. Il n'y a pas de dimorphisme sexuel. Le grand rhinolophe émet
ses ultra-sons par le nez et non par la bouche comme c'est le cas pour d'autres chauvesouris.
La membrane alaire (patagium) et les oreilles sont gris brun clair. Le pelage ventral est gris blanc voire parfois gris jaunâtre. Le pelage du dos est plus foncé et les gammes de couleurs
s'étagent du gris brun au gris foncé, teinté de roux. Chez les jeunes spécimens la couleur du dos est plutôt grisâtre.
Le grand rhinolophe entre en hibernation au début de l'automne (septembre octobre) pour en sortir au printemps (avril). Cependant ces indications sont à moduler en fonction des conditions
climatiques. Il choisit généralement des abris souterrains présentant une forte hygrométrie dont la température ambiante se situe entre 7 et 11°C. D'autre part, si les températures remontent le
grand rhinolophe peut sortir de sa torpeur pour chasser. Inversement si les températures baissent trop, il peut rechercher un meilleur habitat.
Lorsque la période de reproduction approche, les femelles se regroupent en colonies importantes, parfois avec d'autres espèces (notamment le vespertilion à oreilles échancrées et le rhinolophe
euryale). Les femelles choisissent des abris présentant de grands volumes (greniers, hangars désaffectés, combles de grands bâtiments…). En juin/juillet les femelles mettent au monde un unique
jeune. Au bout d'un mois environ les jeunes apprennent à chasser dans les parages immédiats du gîte. L'allaitement (ce sont des mammifères) dure environ 45 jours. Les jeunes atteindront leur
maturité sexuelle en moyenne au bout de 2 ans pour les mâles et au bout de 2 à 3 ans pour les femelles. La longévité du grand rhinolophe est d'environ 30 ans.
Le type d'habitat fréquenté par le grand rhinolophe est variable. Il fréquente principalement les agglomérations, les parcs et jardins, les boccages, les vergers, les ripisylves, les friches, les
prairies pâturées, les lisières de forêts… Par contre il semble éviter les grands espaces ouverts sans arbres ou les forêts de résineux. Il est présent en moyenne montagne parfois jusqu'à 2000
mètres d'altitude.
Le grand rhinolophe a besoin de conditions climatiques optimales pour chasser. Il chasse peu ou pas lorsqu'il pleut, lorsqu'il vente fort ou lorsqu'il fait froid. La chasse, solitaire, débute au
crépuscule. Le grand rhinolophe rejoint alors sa zone de chasse qui se situe à environ 2 à 5 kilomètres de son gîte, rarement plus (pour les jeunes et les femelles pleines ou allaitantes, 1
kilomètres maximum). Il n'y a pas de défenses de territoire et plusieurs individus peuvent chasser en même temps sur le même territoire. La chasse est entrecoupée de phases d'activité et de
phases de repos. Le grand rhinolophe utilise deux techniques de chasse. La chasse en vol par écholocation, en pratiquant des vols circulaires ou linéaires ou en aller retour, à faible hauteur (50
centimètres à 3 mètres). Plus tard dans la nuit, lorsque les insectes sont moins nombreux le grand rhinolophe pratique la chasse à l'affut. Il se suspend alors à une branche et attend le passage
d'une proie qu'il poursuit alors. Cette dernière technique lui permet d'économiser son énergie en évitant les périodes de vol infructueuses.
Le régime alimentaire des jeunes et des adultes est différent, mais surtout le régime alimentaire du grand rhinolophe évolue en fonction des populations d'insectes qui se succèdent tout au long
de la saison. Les proies sont constituées de lépidoptères nocturnes, de coléoptères, d'hyménoptères, de diptères, de trichoptères… Au sol ou sur les branches, les grands rhinolophes capturent des
chenilles, des araignées des orthoptères et des opilions.
Le grand rhinolophe à son tour peut être victime de divers rapaces comme l'épervier d’Europe (Accipiter nisus), l'effraie des clochers (Tyto alba), le faucon crécerelle (Falco tinnunculus), la
chouette hulotte (Strix aluco) ou le hibou moyen-duc (Asio otus). Dans son abri le grand rhinolophe peut être victime des fouines et des chats.
Le grand rhinolophe est une espèce protégée par de nombreux textes : convention de Berne du 19 septembre 1979, Directives européennes du 21 mai 1992 et du 27 octobre 1997 relatives à la
conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages, Accord Chauve-souris : Convention de Bonn sur les espèces migratrices, protection également au niveau national en
France. L'UICN indique "faible risque" au niveau mondial, mais "vulnérable" en ce qui concerne la France.
Aux pays bas, l'espèce est considérée comme éteinte. En Belgique et au Luxembourg elle est quasiment éteinte. Dans le nord de la France, dans l'est, en Allemagne en Suisse et en Pologne, la
situation n'est guère meilleure. En France, l'essentiel des effectifs (60% des effectifs hivernaux) est concentré dans les régions Aquitaine (où j'ai fait la photo), Bretagne, Midi-Pyrénées, Pays
de Loire et Poitou-Charentes.
Les raisons de la diminution des effectifs sont nombreuses : dérangement dans ses lieux d'hibernation (à cause notamment de la spéléologie), utilisation des pesticides et donc diminution des
proies, culture intensive avec suppression des haies, canalisation des cours d'eau, assèchement des marais, éclairage public…
Voir aussi : le capybara | le bongo | le varan de
Komodo | le bœuf Watussi | le mara | l'oryx
d'Arabie | le ragondin | Pie rouge des plaines | Le mouton d'Ouessant | le mouton Jacob | Cheval Camargue | le
gibbon | le coyote | le lion d'Asie |
Kriss de Niort, le 11/01/2008
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