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Le gui blanc d'Europe (Viscum album), que j'appellerai pour
simplifier "gui", est une plante angiosperme dicotylédone appartenant à l'ordre des santanales, à la famille des loranthacées (Loranthaceae), à la sous famille des viscoideae, et au genre Viscum.
Dans la classification phylogénétique le gui appartient à la famille des santalacées (Santalaceae). A noter que certains auteurs classent le gui dans la famille des Viscaceae qui regroupe 450
espèces réparties en 7 genres (Arceuthobium, Dendrophthora, Ginnalloa, Korthalsella, Notothixos, Phoradendron, et Viscum).
Outre Viscum album, le genre viscum comprend notamment les espèces suivantes : Viscum articulatum, Viscum bancroftii, Viscum coloratum, Viscum cruciatum, Viscum diospyrosicola, Viscum fargesii,
Viscum liquidambaricola, Viscum loranthi, Viscum minimum, Viscum monoicum, Viscum multinerve, Viscum nudum, Viscum orientale, Viscum ovalifolium, Viscum triflorum, Viscum whitei, Viscum
yunnanense.
En France Viscum album se décline en 3 sous espèces :
• Viscum album album (ou mali) : l'espèce nominale qui est en fait le gui des feuillus,
• Viscum album abietis : généralement sur les mélèzes et sapins (Abies en latin),
• Viscum album austriacum (ou pini) : généralement sur les pins et les épicéas.
Viscum album austriacum possède des baies jaunâtres et ses feuilles sont plus petites que celles le l'espèce nominale. Viscum album abietis possède des feuilles plus longues que Viscum album
album.
Le gui possède de nombreux noms vernaculaires parmi lesquels on trouve : Bois de la sainte croix, Blondeau, Bouchon, Gui d'Europe, Gui blanc d'Europe, Gui des feuillus, Herbe de chèvre, Nid de
sorcière, Pain de biques, Verquet, Vert-bois, Vert de pommier...
Le gui est présent dans toute l'Europe (de la Scandinavie à la péninsule Ibérique et des îles Britanniques à la Russie et à l'Ukraine) et s'étend jusqu'en Asie, Japon compris. En Asie ce n'est
pas Viscum album album qui est présent, mais Viscum album coloratum. Le gui est également présent en Afrique. Il existe aussi du gui en Amérique (Phoradendron leucarpum) mais il n'appartient pas
au genre Viscum.
Le gui est un arbuste, voire un sous-arbrisseau, vivace, hémiparasite, qui se développe sur de nombreux arbres ou arbustes (aubépine, cerisiers, pommiers, poiriers, peupliers, robiniers, mélèzes,
noisetiers, pins, trembles, saules, tilleuls...). Le gui s'accroche à son support par un "crampon". Il ne possède pas de racines à proprement parler car en fait s'est sa tige qui pénètre dans la
plante hôte, entre le liber et le bois (à la limite du cambium), en développant un "suçoir" de forme conique. On considère que le gui est un hémiparasite et non un parasite car il produit lui
même sa chlorophylle et peut fabriquer ses propres sucres. Il puise dans la plante hôte de l'eau et des sels minéraux qu'il prélève dans la sève.
Le gui se développe en tout sens et finit par former des touffes, appelées généralement "boule de gui" qui peuvent atteindre 60 centimètres de diamètre. Un pied de gui peut vivre une trentaine
d'années si son support ne meurt pas avant lui.
Les tiges, vertes, ont une section cylindrique. Elles possèdent un mode de ramification dichotomique, parfois trichotomique. Ceci est dû au fait que très généralement le bourgeon terminal avorte.
Comme le gui développe une tige par an, il suffit de compter les ramifications pour évaluer l'âge de la boule de gui.
Les feuilles, épaisses, coriaces, glabres, opposées, simples, arrondies, atténuées à la base, sont vertes à vert jaunâtre. Elles sont sessiles (insérées sur la tige sans pétiole) et mesurent
environ six centimètres de long. Les feuilles de gui persistent de 18 à 24 mois sur la plante.
Le gui étant une plante dioïque il existe des touffes avec des fleurs exclusivement mâles et des touffes avec des fleurs exclusivement femelles. Les fleurs, qui apparaissent de février à mai,
sont insérées directement (sessiles) au niveau des nœuds des tiges (à l'aisselle des feuilles). Les fleurs sont groupées en petits bouquets de 3 ou 6 unités. Les fleurs femelles sont constituées
de quatre tépales jaunâtres soudés à l'ovaire. L'ovaire est infère. Les fleurs mâles comportent également quatre tépales (parfois 6) jaunâtres portant des anthères dépourvus de filets.
Le fruit du gui est une fausse baie sessile, globuleuse, mesurant de 8 à 10 mm de diamètre, blanche à maturité, translucide, à chair visqueuse et collante, qui était utilisée d'ailleurs pour
faire de la "glu". Cette chair est rendue collante par la présence d'une substance, la viscine qui permet aux graines de se fixer aux branches des plantes hôtes. La fructification s'étend du mois
d'août jusqu'au mois de décembre.
La dissémination des graines est barochore (elles tombent de leur propre poids) et zoochore (transportées par les animaux, en l'occurrence des oiseaux comme la grive draine ou les fauvettes à
béret). A noter que contrairement à ce que j'ai lu on ne peut pas dire que la dissémination soit endozoochore. En effet bien que la graine transite par le tube digestif de certains oiseaux ce
n'est pas une condition nécessaire à sa germination. La germination a lieu généralement au printemps suivant, dès que la température extérieure atteint 10°C.
Dans les cultures, mais aussi en forêt, la présence du gui sur les arbres est un véritable problème. En effet sa multiplication affaiblit la plante hôte entrainant parfois à terme sa mort, soit
directement soit en favorisant le développement d'autres parasites ou insectes qui profitent de l'affaiblissement de l'arbre.
D'ailleurs le gui figure sur la liste des organismes nuisibles (en compagnie de Cirsium arvense (chardon des champs), Cuscuta sp. (cuscute), Orobancha minor, Orobancha cernua, Orobancha crenata
et Orobancha ramosa (orobanches)). Les préfets peuvent donc en demander la destruction.
Si la suppression des touffes est une solution rapide en apparence, cette action ne supprime pas les "suçoirs" ni leurs ramifications qui se sont développées sous l'écorce et qui peuvent émettre
de nouvelles touffes. Il faudrait pouvoir intervenir avant que les graines ne traversent l'écorce, ce qui n'est pas un maigre travail ! A ma connaissance il n'existe actuellement aucun traitement
efficace pour lutter contre le développement du gui.
Depuis très longtemps le gui est utilisé dans la pharmacopée. En effet il renferme plusieurs substances notamment une lectine, la viscumine et une toxine la viscotoxine. La concentration semble
plus importante dans les tiges et les feuilles, cependant tous les ans des intoxications surviennent, notamment chez les enfants, suite à une ingestion de
graines.
On prête au gui des propriétés antiépileptiques, diurétique, vasodilatatatrices et bien d'autres. Le gui s'emploie généralement en infusion ou en sirop. Autrefois le gui était utilisé pour
traiter diverses affections comme les problèmes de rythme cardiaque, les problèmes de digestion, les désordres nerveux, l'épilepsie...
En allemand le gui s'appelle weißbeerige mistel, en anglais : european mistletoe ou common mistletoe, en danois : almindelig mistelten, en espagnol : muérdago blanco, en italien : vischio, en
néerlandais : maretak et en polonais : jemioła pospolita.
Voir aussi : le robinier | le callistemon | l'hamamelis | la collétie en forme de croix |
le cognassier du Japon | Bouleau de l'Himalaya | Buddleia de David | Arbre de Judée | Mûrier à papier |
Kriss de Niort, le 23/11/2007
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