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La mantispe commune (Mantispa styriaca), appelée également mantispe de Styrie, mantispe styrienne ou Mantispe païenne, est un insecte
appartenant à la sous classe des ptérygotes (Pterygota), à l’infra classe des néoptères (Neoptera), à l’ordre des neuroptères ou névroptères (Neuroptera), à la famille des mantispidés
(Mantispidae), à la sous famille des Mantispinae et au genre Mantispa.
Outre Mantispa styriaca le genre Mantispa comprend notamment les espèces suivantes :
• Mantispa aphavexelte,
• Mantispa perla,
• Mantispa scabricollis.
Il semblerait que la France n’accueille que Mantispa styriaca et Mantispa aphavexelte, Mantispa styriaca semblant de loin la plus présente, ou du moins la plus observée. Mantispa styriaca peut
s’observer disons dans les 2/3 sud de la France (sa présence est signalée jusqu’en région parisienne et en Alsace) tandis que Mantispa aphavexelte semble n’être présente que dans la partie
sud-est de la France. Le problème de la différenciation entre Mantispa styriaca et Mantispa aphavexelte ne se pose donc que dans les endroits où les deux espèces cohabitent.
Chez Mantispa styriaca la face interne du fémur antérieur (pattes ravisseuses) est uniformément sombre. Cet aspect est difficilement contrôlable in-situ. Par contre, le ptérostigma
(épaississement du bord antérieur des ailes) de Mantispa styriaca est bicolore et s’élargit à l’apex. Chez Mantispa styriaca la surface du pronotum est lisse.
Chez Mantispa aphavexelte le ptérostigma est unicolore (brunâtre ou jaunâtre) avec un aspect très allongé. La face interne du fémur antérieur possède généralement une tache claire.
La mantispe commune (Mantispa styriaca ) est un petit insecte planipenne (ses ailes sont rabattues sur le dessus du corps au repos) qui mesure de 2 à 3,5 centimètres à l’âge adulte et qui possède
des ailes translucides, fortement nervurées. La coloration du corps est variable et offre toute une gamme de teintes allant du jaunâtre au brunâtre. Les yeux sont globuleux, démesurément grands,
et d’un joli vert brillant. Les antennes sont fines et courtes, très mobiles.
Comme vous pouvez l’observer sur la photo la mantispe commune fait penser au premier abord à une mante, surtout à cause de ses pattes ravisseuses et de son prothorax allongé. Cependant les mantes
et les mantispes n’appartiennent ni à la même famille, ni au même ordre. Lorsque deux animaux d’ordres différents suivent un schéma d’évolution les amenant à se ressembler, on appelle ce
phénomène une "évolution convergente".
La mantispe commune fréquente les endroits ensoleillés buissonneux, les troncs d’arbres et d’arbustes. Comme sa morphologie le laisse supposer c’est un redoutable prédateur qui se nourrit
d’insectes et d’arachnides, aussi bien le jour que la nuit. Elle se tient souvent sur la face inférieure d’une feuille ce qui la rend difficile à observer pour le promeneur (et ses victimes).
La mantispe pond une grande quantité d’œufs (environ 8000) car son mode de développement est très risqué et les pertes sont nombreuses. Les œufs, pédicellés, sont pondus généralement à l’abri sur
l’écorce des arbres, mais d’après certains témoignages les feuilles, les murs et les barrières font également l’affaire.
Les jeunes larves hivernent sans se nourrir et effectuent une première mue au début du printemps. Ensuite, pleines de courage ou d’insouciance, elles se mettent en quête d’un cocon d’araignée
(lycosides ou drassides) dans lequel elles pénètrent, en essayant de ne pas se faire remarquer, pour dévorer les œufs. La mantispe commune profite de cet abri pour se nymphoser après avoir
effectué une hyper-métamorphose. Pendant ce temps l’araignée promène son cocon pensant que ses petits se développent bien dans cet abri douillet, sans se douter un instant qu’elle promène un
intrus qui a mangé tous ses enfants !
Lorsque la mantispe commune sent qu’elle va devenir adulte, elle quitte son abri pour effectuer sa dernière métamorphose. On est alors généralement au mois de mai et la mantispe commune va vivre
jusqu’en août.
Vous comprenez maintenant pourquoi je disais que son mode de développement est très risqué. Il faut déjà trouver une araignée avec son cocon en évitant de se faire manger lors de cette quête,
puis il faut tromper la vigilance de celle-ci pour s’introduire dans le cocon. Je ne connais pas la proportion des pertes, mais elle semble importante.
Voir aussi : le rhinocéros | la lepture cordigère | les rhagies | le Minotaure Typhée | les blattes | Les mantes
religieuses | le frelon | La cigale | Le pentatome
rayé |Le graphosome ponctué | Le silphe à 4 points | la callidie sanguine | le clairon des abeilles | L'agapanthie des chardons | la cicindèle champêtre | Phytoecia coerulea | le cercope rouge sang |
Cercopis intermedia | cétoine hérissée | clyte
arqué | syrphe pyrastre | Mylabre à 4 points | Le purpuricène du chêne vert | Mante décolorée |
Punaise à damier |
Kriss de Niort, le 22 novembre 2007
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