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Le mûrier à papier

Broussonetia papyrifera


Photo Mûrier d'Espagne, Mûrier à papier ou Mûrier de Chine (Broussonetia papyrifera) Le mûrier à papier (Broussonetia papyrifera Syn. Morus papyrifera, Papyrius papyriferus), connu également sous les noms de mûrier d'Espagne, papyrier ou mûrier de Chine est un arbre angiosperme dicotylédone appartenant à la sous classe des hamamélidés (Hamamelidae), à l'ordre des Urticales, à la famille des moracées (Moraceae) et au genre Broussonetia. Dans la classification phylogénétique le mûrier à papier dépend de l'ordre des rosales.

Le mûrier à papier est un arbre dioïque (les fleurs mâles et femelles sont portées par des sujets différents) à feuilles caduques et port étalé, originaire des régions tempérées et tropicales du sud est asiatique (Birmanie, Cambodge, Corée, Laos, Malaisie, Taiwan, Thaïlande, Viêt Nam), qui peut atteindre 15 à 20 mètres de hauteur dans son milieu naturel.

Le mûrier à papier a été introduit en Europe vers 1750. Cette première introduction ne portait que sur des sujets mâles, les sujets femelles ont été introduits plus tardivement.

L'écorce, gris-foncé et légèrement striée, présente des gerçures, notamment sur les sujets âgés. Les jeunes tiges sont pubescentes et laissent écouler une sève blanche (latex) si on les blesse.

Les feuilles du mûrier à papier, stipulées, pétiolées, dentées, rugueuses, généralement alternes, sont de forme et de taille (de 8 à 20 centimètre) très variable (polymorphe). Elles peuvent être lobées (de 3 à 5 lobes), plus ou moins profondément, ou cordiformes. Le dessous des feuilles, vert grisâtre est pubescent. L'apex est acuminé. Broussonetia papyrifera "laciniata" possède des feuilles finement découpées tandis que Broussonetia papyrifera "macrophylla" présente généralement de grandes feuilles. Le feuillage jaunit à l'automne.

Les fleurs du mûrier à papier sont portées par des tiges feuillues. La fleur mâle du mûrier à papier est un chaton vert clair de 3 à 8 centimètres tandis que la fleur femelle est un glomérule d'1 centimètre de diamètre environ. Lors de la floraison, au printemps, certaines personnes peuvent présenter des allergies au pollen.

La fructification est une infrutescence globuleuse (amas composé de plusieurs fruits) de 2 à 4 centimètres de diamètre environ, de couleur rouge/orangé, comestible.

Le bois du mûrier à papier est recherché pour le tournage ou pour fabriquer des meubles et son écorce s'emploie pour la fabrication de papier (on l'aurait deviné). Son écorce produit par foulage une fibre avec laquelle des tissus fins (Tapa) sont tissés. Des cordages sont également réalisés à partir de ces fibres.

Sous nos latitudes la plantation du mûrier à papier peut s'effectuer au printemps comme à l'automne. C'est un arbre qui possède une croissance assez rapide, mais ne dépassera pas 10 à 12 mètres. Si vous souhaitez avoir des fruits, il vous faudra acheter un pied mâle et un pied femelle, à moins que votre voisin n'en possède déjà.

Le mûrier à papier s'adapte très bien à la sécheresse et s'accommode de terrains sableux ou rocailleux, même pauvres, mais bien drainés, avec une exposition ensoleillée ou à mi ombre. Moyennement rustique, il résiste mal à des températures inférieures à -5°C. Par contre, le mûrier à papier se montre parfois très drageonnant au point d'en devenir invasif. Dans les endroits où il se plait vraiment, il devient vite un problème, privant notamment d'eau les espèces indigènes.

La multiplication peut s'effectuer par semis, à l'automne, dans une serre chaude à environ 15/18°C. La germination a lieu habituellement au bout de 1 à 3 mois. Attendre que les jeunes plants soient assez grands pour les manipuler et repiquer dans des pots individuels et mettre à l'extérieur. La première année laisser hiverner au chaud, puis au printemps, lorsque les gelées ne sont plus à craindre, mettre en place à l'emplacement définitif.

Il est possible également de reproduire le mûrier à papier par bouture à talon de bois aoûté, ou à partir de racines. Les possibilités ne manquent pas.

Le mûrier à papier ne requiert que peu d'entretien si ce n'est la suppression du bois mort ou parfois une branche trop basse par exemple. Le bois étant très cassant et l'écorce se détachant en grandes lanières (n'oubliez pas qu'elle est très fibreuse), il conviendra de s'armer des bons outils pour effectuer cette taille. D'une manière générale, évitez de tailler, surtout les branches charpentières.

Les anciens utilisaient toutes les parties de l'arbre dans leur pharmacopée. L'écorce et le latex sont astringents, la décoction de feuille est laxative. Le fruit possède des propriétés diurétiques, ophtalmiques, stimulantes et toniques.


Voir aussi :
le robinier | le callistemon | l'hamamelis | la collétie en forme de croix | le cognassier du Japon | Bouleau de l'Himalaya | Buddleia de David | Arbre de Judée |


Kriss de Niort, le 11/10/2007
 

 

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